Lorigine
du blason se perd dans la nuit des temps ; on a attribué aux égyptiens, aux
troyens, aux romains
en fait, on le trouve surtout à partir du XIIème siècle. Il
était destiné a distinguer les combattants, couverts darmures, à la guerre, aux
tournois, aux croisades : cétait un signe de ralliement.
Bien que dorigine
militaire, il devint vite un moyen de reconnaissance. Les armoiries nont jamais
été réservées à la noblesse ni au clergé. Les bourgeois, les artisans des
corporations, les chapitres, les universités ladoptent comme moyen
didentification.
Le choix des motifs, des
" meubles ", doivent évoquer une histoire, rappeler un fait
darmes, un patronage, indiquer une volonté, un idéal. Il sy mêle de
la fierté, parfois de la fantaisie, accompagnée dhumour. Longtemps, le blason du
collège ne comporta que lÉtoile dor portant les lettres AM (Ave Maria). On
la retrouvait sur le bandeau des casquettes des élèves dantan. On le voit encore
sur le fronton du collège. Il y a quelques cinquante ans, ; deux professeurs
décident de la modifier et de le rendre plus parlant, monsieur Larridon, professeur
dhistoire, et monsieur Demarcq, professeur de dessin, lun apportant ses
connaissances historiques, lautre ses talents artistiques. Ce nouveau blason,
par
sa "partition" , ses couleurs, ses " meubles ",
répond parfaitement à la simplicité et au bon goût de lhéraldique.
La forme de lécu
choisie il y en a une quinzaine et celle de blason en
" tiers point ", la base étant une sorte dogive
renversée. Le haut disons dans le langage héraldique : le chef est une
couleur azur et porte en son centre une étoile dor : le signe de la Vierge.
De tout temps,
notre
région a invoqué Marie. Saint Bernard de Clairvaux nest pas pour rien dans la
dévotion de la Flandre à Marie . En 1131, il est dans la région (plus tard,
en
1148, il fonde labbaye de Loos).Depuis longtemps, le Conté de Flandre est
" patrimoine de Marie ", Lille " insula Civitas
Virginis " : La cité de la Vierge. La devise elle-même du Collège a
été copiée sur celle de Saint Bernard qui avait placé toute son activité sous le
patronage de Marie : " stellam sequens non devias ",
" si tu suis létoile, tu ne quitteras pas la bonne route ".
Les deux coquilles
dor qui accompagnent létoile rappellent le passé de notre institution. Le
Collège est né sur une terre riche dhistoire. Depuis le XVIIIème siècle,
la
" Terre de Gardin " était propriété de la Famille Muyssart.
Cest celle qui construit le Château, cur du Collège, vers les années
1761-1762. Durant la Révolution, le Chanoine de Muyssart trouva refuge au château de
son frère. Or cette famille, lune des plus connues de la région portaient
" dazur à trois coquilles dor ". Les coquilles de notre
blason résument quelques pages dune histoire qui reste un peu la nôtre. Notons que
les trois coquilles figurent sur la porte de la chapelle du Château récemment restaurée
grâce à lassociation des Anciens.
La partie inférieure du
blason présente un treillis ou treille dargent. La treille était déjà dans
lantiquité une grille de séparation entre le jury et le public dans les tribunaux
romains. Lexpression " Notre Dame de La Treille ", patronne au
diocèse de Lille, se lit pour la première fois sur un acte officiel de 1270.
Liconographie locale a toujours représenté la Vierge environnée de ce treillis de
bois ou de fer coupé de traverses ; on lappelait aussi chancel ou cancel.
Autrefois, les chanceliers du souverain recevaient les requêtes du bon peuple
" assis sur un trône en face duquel se dressée une grille ou treillage, en
signe de leur puissance ou de leur juridiction ". Cest rappeler que Marie
est la " Virgo Cancellaria ", la chancelière de Dieu dont la
puissance est symbolisée par cette clôture dhonneur.
Dès 1854,
les
collégiens de Marcq se rendaient à Notre Dame de la Treille. On y entendait le vieux
chant : " Vierge de Lille, ô Vierge de la Treille, lenfant de
Marcq est à toi sans retour ". Jau connu, dans les années 40 et 50,
les cohortes de centaines délèves se rendant, en octobre, par tramways spéciaux,
dans la bonne ville de Lille et envahissant toutes les travées de la cathédrale.
Le souvenir du passé,
la dévotion séculaire professée dans la " Maison de Marcq "
vers Marie et particulièrement sous le vocable de la Treille, tout cela méritait
dêtre évoqué sur le blason. Avouons que le logo du Collège ne manque pas
dallure !
Terminons en lisant les
armoiries en termes héraldiques. Le haut devient le " chef " ;
le centre : " labîme " ; le bas : " la
pointe " ; - le coin : " le
canton " ; le rouge : " les gueules " etc. Langage
ésotérique qui se lit pour notre blason :
- Coupé : - en chef,
dazur à létoile dor, chargée de lettres majuscules A.M,
superposées de sable et accompagnée de deux coquilles aussi dor ;
- en pointe, deux gueules
treillissées dargent, chaque point de jonction du treillis marqué dun clou
de sable.