AVANT-PROPOS : Un « Printemps des poètes », à l'heure de « Stars académie » et autres divertissements de plus en plus pascaliens : la poésie serait-elle encore de saison ?

 Est-il vrai que la poésie peut-être « faite par tous », comme le pensaient de concert le jeune Isidore Ducasse (parodiquement auto-rebaptisé pour la "provoc" comte de Lautréamont) et les jeunes surréalistes qui s'en revendiquèrent, l'invoquant volontiers comme argument d'autorité dans leurs combats  ? Serait-il vrai que la poésie relève de ce que les poètes du Flamenco, des « cantos flamencos  » appellent le « Canto Jondo  », « le chant profond », commun à tous ? Est-il vrai enfin que « la pensée se fait [toujours, ou presque toujours] dans la bouche » comme le prétendait dans la grande ligne de Sigmund Freud, le dadaÏste Tristan Tzara ?…

C'est à vous, lecteurs, d'en juger, puisque « lire », paraît-il, « c'est créer à deux » ; c'est du moins le point de vue sur la question d'un certain Honoré de Balzac, tourangeau de naissance, qui, semble-t-il, a commis quelques ouvrages de renom. Dès lors, puisque le critique humaniste Jean Guéhenno le proclamait volontiers : « Autant de lecteurs : autant de livres ! », on peut penser qu'il vous appartient désormais, lecteurs, de recomposer cette suite de petits recueils à votre guise, au gré de votre fantaisie,… sans fin.

— Eh ! oui !… « La frivolité est chose plus sérieuse qu'on ne croit » prétendait non sans quelque raison Alain : tout en pratiquant ici, en effet, la littérature de manière ludique et sous forme d'ateliers d'écriture, figurez-vous que nous sommes au cœur du projet éducatif qui nous invite non seulement à réfléchir sur la littérature et l'édition d'aujourd'hui mais également sur les états successifs d'un texte en voie de constitution jusqu'à son achèvement. Tout en nous amusant, tout en pratiquant sans vergogne parfois le fameux « strip tease  de l'âme » dont parlait Jean Cocteau, les élèves de seconde se sont donc payés le luxe de faire du français en s'amusant, de voir pour une fois les choses de l'écrit de l'intérieur ; et, c'est avec un œil d'artisan qu'ils voient les textes désormais.

Qu'ils soient ainsi remerciés de leur bel effort en devenant, eux aussi, le temps d'une lecture, les Prosperos  de quelque « tempête » onirique, pleine de sortilège et d'enchantement,… pour votre seul plaisir.

« Comme il vous plaira ! »

 

Les Professeurs de Seconde.