SOURCE FROIDE

 

L'errance est cette passante que l'on suit, qui nous permet en la suivant de chercher à se rapprocher des autres.

 

*

 

Errant dans mon cœur pour rechercher mes véritables sentiments, je vis au coin d'un petit rond blanc, qui baigne dans une eau couleur des ombres…

 

*

 

— Lune brillante !… Scintillante, tu es l'ennemie et la merveille de la nuit…

Tu me permets (rêve) de m'évader, montant te rejoindre !…

 

Pouvoir s'envoler !…

perdre la valeur de toute chose…

Pouvoir s'évader, être libre !…

 

(L'enfance est une période de naïveté où l'on croit que les rêves peuvent devenir réalité.)

 

Ô Jeunesse !…

Pourquoi es-tu si éphémère ?…

 

*

 

L'errance est cette passante que l'on suit, qui nous permet en la suivant de chercher à se rapprocher de soi.

 

*

 

J'erre sans but : tu m'as quitté.

Je me sens seul. Ma vie ne vaut plus rien.

Sans toi, je n'existe plus.

 

Ô Toi, qui peut me terroriser

ou me montrer le bonheur, en une seule et même seconde,

Cynthia[1] !…

Mon âme, offensée d'avoir été chassée,

verse des larmes de sang.

 

Je me suis abandonné à toi, Lune douce !…

Tu es plus forte que moi.

Je ne suis plus :

Je rêve…

 

Mes rêves représentent chaque fois ton doux visage ;

et nous nous retrouvons,

comme deux amants perdus,…

deux amants.

 

Le rêve,… le rêve ne serait-il pas le fruit des désirs cachés,

et ce court instant, offert, dédié, des heures perdues à l'errance ?…

 

*

L'errance est cette passante que l'on suit, qui nous permet en la suivant de chercher à se rapprocher de l'autre que l'on cherche et que l'on attend.

 

*

 

Ton souvenir en moi, comme une source froide,… dort !…

Le feu de notre amour s'est éteint sous la Lune,

cette lune qui éclairait nos nuits et notre nuit d'amour ;

C'est elle… : elle, qui t'emmenait avec elle au petit matin…

 

Ton souvenir, en moi, comme une source froide,… dort !…

Tu étais ma lumière, et tu guidais mes pas.

Crois-tu que je puisse vivre sans toi ?…

Le crois-tu ?…

 

Ce que je ressens, tu le ressens, toi

Ne mens pas. Ne dis pas non.

Pourquoi ne me reviens-tu pas ?

Toi et moi ne faisions qu'un,… plus qu'un.

 

Puis, voilà.

Et je reste là à errer sans me rendre compte de rien,…

de rien, ni de toi, Lune !…

 

Le roi des astres se réveille : tu disparais.

Il nous éclaire… ; et notre vie qui doit reprendre,

pourtant se perd…

 

Ton souvenir, en moi, comme une source froide,

dort !… dort encore ;

et, encore :

là !…

 

*

 

L'errance est cette passante que l'on suit, qui nous permet en la suivant de chercher à se rapprocher de l'autre qui nous cherche et qui nous attend.

 

*

 

L'Aube couchante masque les cris de l'abîme.

Notre avenir jaillit des douleurs du Silence.

 

La nuit glaciale, la nuit, où tout n'est rien, où la nuit — à nos yeux — est sans vie et pourtant si vivante !… éclaire !…

 

Le rêve s'élève… : comme les notes d'une étrange mélodie, langoureuse et enchantée ; et, chaque nuit accouche d'un homme nouveau qui s'évanouit à l'aube !…

 

— Nuit rêveuse,… Nuit tueuse,… Nuit !…

tu nous permets de revenir, du fond de nous,

au fond de « l'être »[2] !…




[1].— Cynthia : Artémis, la bonne Lune.

[2].— 2/8.